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Actualités de la FFG

 

Retour en France de deux de nos joueurs, Benjamin Papazoglou et Jérôme Salignon après 1 mois et demi passé à Séoul.
09/09/2005, Martine Collinet, Luc Vannier

Corée du Sud

Les bonnes relations que la FFG a su développer avec le monde Coréen du Baduk depuis quelques années ont débouché dans le passé sur un séjour de deux mois de Pierre Audouard en 2001 ainsi qu'un autre de un mois de Mihai Cordos l'an dernier. La réussite de ces séjours s'est concrétisée par un accord entre la FFG et l'école Kirina. Cet accord prévoit l'envoi de 2 joueurs une fois tous les deux ans.

C'est dans ce cadre que Benjamin Papazoglou et Jérôme Salignon ont pu se rendre à Séoul et partager pendant six semaines la vie quotidienne de jeunes élèves de l 'école Kirina.

Dès son retour en France, le dimanche 28 août, Benjamin venait nous rendre visite à Montlouis sur Loire pour assister à la dernière journée de la phase finale du championnat de France 2005. C'est là que nous avons eu le plaisir de recueillir ses impressions et de l'écouter nous décrire le fonctionnement étonnant d'une école de Baduk. Jérôme s'est joint à ce compte rendu.

L'école Kirina dispose de 4 professeurs.
Les jeunes étudiants sont répartis en trois groupes de A à D, le groupe A étant le plus fort des trois.
Benjamin s'est retrouvé dans le groupe B et Jérôme dans le groupe C.
Les élèves les plus jeunes ont entre 6 et 8 ans. Ils atteignent généralement le niveau premier Dan vers 8 ou 9 ans. Mais certains atteignent très vite un niveau inimaginable chez nous. Benjamin et Jérôme nous parlent ainsi d'un jeune garçon de 9 ans qui venait d'obtenir sa promotion dans le groupe A. Le niveau de ce garçon était celui d'un 7ème dan européen !
Malgré ce niveau extrêmement élevé, sur les 30 élèves actuels de l'école, 5 sont Insei et pas plus de 3 peuvent espérer devenir un jour professionnels.

Les joueurs de moins de 12 ans doivent aller à l'école le matin et se consacrent au baduk l'après midi. Mais à partir de 12 ans, ils doivent faire un choix, et s'ils choisissent le baduk, alors ils n'étudient plus que cela et abandonnent les cours d'éducation générale.

Pour devenir Insei, les élèves doivent passer un examen (4 répartis sur l'année) et doivent faire 11 parties par mois qui ont lieu le week-end.

Une partie importante du temps est consacrée à l'étude de problèmes de Tsumego. Les professeurs estiment que cette étude est le meilleur moyen pour perfectionner la capacité de lecture des élèves. Ils estiment aussi que cette capacité de lecture doit impérativement être développée avant l'âge de 20 ans. Après, c'est trop tard !

Vie quotidienne

La journée commence à 8h et, le matin, l'ambiance est plutôt calme car les jeunes de moins de 12 ans n'arriveront que l'après midi.
A partir de 10h30 et jusqu'à 12h30, le travail consiste en l'étude de Tsumegos et des exercices à faire.
Après le déjeuner, les élèves sont répartis en 3 groupes :
Groupe A : Etudes principalement axées sur les parties de pro ; beaucoup de travail personnel.
Groupe B : Etudes de parties de pro
Groupe C : Etudes de Tsumego.
Les élèves travaillent jusqu'au dîner, vers 18h.
Ensuite les groupes A et B ont 12 exercices de Tsumego à faire pendant une demi- heure.
Les joueurs du groupe C jouent entre eux.
A partir de 22h, les joueurs rentrent chez eux et la plupart étudient des parties de professionnels.
Les loisirs sont limités au Foot, deux heures une fois par semaine. Bien que ce temps de loisir puisse paraître assez limité, les élèves apprécient ce rythme de vie. L'enthousiasme pour le baduk est constant. Benjamin et Jérôme ont complètement adhéré à cette ambiance passionnée. Ainsi, le soir, une fois rentrés à la maison, ils profitaient de la présence sous leur toit de jeunes joueurs pour se lancer dans de nouvelles parties de baduk.

L'école se situe dans la banlieue de Séoul (à 30 minutes du centre). Benjamin et Jérôme ont pu visiter Séoul. Dans les parcs ou dans les rues, on rencontre … des joueurs de baduk à la recherche de partenaires prêts à jouer des parties avec un enjeu financier. Il n'est pas rare de trouver des joueurs 4 ou 5 dan.

Benjamin et Jérôme ont eu l'opportunité d'assister à la Fédération Coréenne, au tournoi préliminaire SamSung Cup avec 50 professionnels du Japon de Chine et de Corée.
Ils ont pu y côtoyer Lee Chang Ho

Si Benjamin a un regret à formuler, c'est la difficulté de discuter en Anglais avec les jeunes Coréens. Cependant, nos deux protagonistes ont trouvé un langage tout aussi riche et dont la maîtrise ne pose pas de problème à Séoul : le Baduk !

(Propos recueillis par Martine Collinet et Luc Vannier)